TRAVERSE

Traverse, tente d’illustrer un paradoxe. A la fois raccourci et embûche, tantôt il accélère, tantôt ralenti et tantôt réparti. Presque un ordre au franchissement, il pose dès lors les bases du problème : Pourquoi traverser ? Rejoindre l’autre côté, plus vite, toujours plus vite. Mais encore… Serait-il possible qu’il se passe des choses au cours dans cette Traverse ? A tel point que celle –ci puisse presque durer indéfiniment, et reste suspendu, là, entre les deux, et enfin exister pour elle-même.

 

Ce travail porte ainsi sur l’appropriation des espaces que le flux fend sans cesse de part en part. Comment habiter un espace traversant ? Si cela peut se présenter souvent, on se focalisera sur ces éléments qui relient la ville avec elle-même.  D’un côté un objet, autant technique qu’urbain : le pont habité, de l’autre, un programme de flux par excellence : la gare. Ce projet se propose ainsi de partir de la pièce traversante comme Habiter, pour remonter à rebours les échelles jusqu’à la ville.

2015

Inventaire ou réservoir de forme, ces espaces sont issus de croisements entre différents aspects de la traversée.

 

La manière, qui décrit le comportement de la traversée.

 La forme, qui met en évidence le moyen utilisé pour la traversée.

 Et enfin l’échelle qui définit le temps de parcours. Ainsi chaque pièce est une superposition de multiples traversées possibles.

 

 Les pièces sont ainsi composé à l'aide de ce jeu de carte, où chaque règle est pioché une fois pour ensuite créer un espace qui en hérite. On s'accorde parfois la liberté de pioché plus d'un carte dans l'un des paquets, en résulte des pièces plus complexes ou plusieurs se superposent.

Les pièces traversantes cherchent alors à s'agglutiner les unes avec les autres. Aucune ne doit rester orpheline et nécessairement lier deux choses entre elles. De ce fait l’organisation en enfilade se recourbe sur elle même pour former des boucles de parcours dans le plan tout d’abord, dans l’espace ensuite.

 

Les boucles alors se chevauchent, se regardent, s’entendent pour ne se toucher qu’en quelques endroits.

TRAVAILLER

Travailler malgré un passage incessant reprend un paradoxe d'isolement connecté propre à l'activité, néanmoins un échange constant est nécessaire. Chacune des pièces va donc privilégier des modèles qui assure une relative rupture entre la traversée et l'habiter.

 

 Comme raccourci à l'enfilade plutôt longue et  digressive, deux ascenseur placé au centre de la structure offrent des court circuits qui permettent directement d'accéder aux espaces désirés. Par ailleurs,   face à des besoins de lumière évident las boucles se superposent les unes aux autres de façon à conserver un vide central qui assurent le cœur de l'édifice d'être éclairé.

 

Ainsi ici tout est jeu de transparence chaque pièce est en effet entouré de parois en verre légèrement sablé qui, les couches s'accumulant créé un opacité plus forte vers les endroits plus dense et inversement.

HABITER

Habiter l'espace traversant, c'est parcourir de multiples jardins partagés qui offrent l'accès à plusieurs logements, qui partagent à leur tour en arrière cour un autre jardin partagé avec encore un autre logement.

 

D'une densité moyenne, ces logements se calent plus sur le modèle de l'habitat intermédiaire. Basé sur un cellule de vie minimum de 25m², les configuration en T2 et T3 s'étendent ainsi en duplex ou de plein  pied suivant leur position dans l'assemblage.

 

Coté jardin d'accès la paroi se veut opaque tandis que vers l’extérieur, c'est la transparence qui prévaut.

 

L'ascenseur sert ici à la fois de raccourci et de structure, il permet ainsi de commencer l'enfilade par le coté le plus approprié.

CIRCULER

La gare adopte le comportement d'un trou  qui avale et recrache tout ce qui s'en approche.

 

N'ayant rien a relier ou à connecter, elle s'enroule sur elle même, chacune de ses tentacules se ramassant sur l'autre, presque comme un bâtiment qui serait finalement prêt à se mouvoir de  lui même.

Dans un tentative d'application au site concret de Saint Denis Pleyel, la même démarche est adoptée. Deux points de la traversé sont à relier. Six immenses pièces se positionne alors, pour ensuite s'écrouler sur elles même et se diviser en de plus petit éléments.

Comme pour purement illustrer son paradoxe de bâtiment-infrastructure, le pont habité s'assume sur la rive Pleyel comme un véritable édifice qui vient s’accoler aux différentes tours qui l'entourent. Coté rive Landy, le pont comme support de déplacement est privilégié. Presque une piste de décollage qui prend racine sur le parvis de la gare de Saint-Denis existante pour terminer à 35m du sol sur la rive Pleyel, et s'en rouler dans un rampe qui rallie le sol en tournant autour de multiples pièces.

Ainsi, Traverse répond à la fois à un idéal de contrôle et libertaire, propre aux espace de flux de ville d'aujourd'hui.

 

De contrôle car chaque pièces n’a que deux portes et chacune se suivent. Ainsi une pièce bloqué détourne le flux vers une autre enfilade le courant des "Traversants" peut être aisément détourné au gré des besoins.

Mais aussi à un idéal libertaire, par l’espace qu'offre chaque pièce et l’appropriation qu’il appelle. A tout moment il est possible de s’arrête de se laissé aller aux odeurs aux bruits au vues qui sont offert le long du parcours. De même si le choix est limité, il reste en tout endroit conservé, l'impasse est formellement proscrite.

 

Plutôt qu'un projet concret, Traverse tente ainsi d'illustrer les possibilités d'un urbanisme de l'espace traversant. Sa qualité de pont lui permet de s'affranchir de certains usages de ville pour s'en créer de nouveaux et de la sorte brouiller les frontières entre infrastructures, bâtiments, et pièces puisque chaque éléments ne peut se lire seul, il doit nécessairement se comprendre avec se qu'il relie.

JULIEN DECHANET ARCHITECTURE